Définitions des troubles

 

La Haute Autorité de Santé publie ici de nombreuses recommandations, pistes, et guides pour accompagner soignants, parents et enseignants d’enfants présentant des troubles dys. Un guide très complet à télécharger.

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“Les troubles spécifiques du langage et des apprentissages (TSLA) appelés communément « troubles dys » sont la conséquence d’anomalies dans le développement cognitif de l’enfant. Fréquents et durables, ils ont des répercussions sur la vie quotidienne des enfants, sur leurs apprentissages scolaires mais aussi plus tard sur la vie sociale et professionnelle. Ces conséquences peuvent être prévenues ou atténuées par une prise en charge précoce et adaptée.”

 

GENERALITES

Les élèves “troublés” constituent une branche des élèves en difficulté voire en échec scolaire. On peut être en échec scolaire sans être “dys”. Pour les enfants “dys”, l’intensité des troubles et le retard qui s’en suit dans les apprentissages est sans commune mesure avec “un retard simple” : Retard par rapport à la norme de l’âge et le niveau scolaire (on le situe à plus ou moins deux ans, les rééducateurs parleront d’écarts type). Ces enfants peuvent progresser grâce à :
- la mise en œuvre de pédagogies spécifiques ;
– des adaptations scolaires qui seront ré-examinées régulièrement pour vérifier leur pertinence ;
- la mise en place de stratégies de contournement de leurs difficultés (plus l’enfant acquiert des stratégies qui lui sont propres, plus il progressera) ;
– des rééducations :  Les rééducateurs, professionnels du soin, sont là pour déterminer les difficultés, établir un diagnostic mais aussi mettre en valeur les points forts de l’enfant, ses compétences préservées sur lesquelles on pourra prendre appui notamment pour permettre les apprentissages scolaires. Ceci vient confirmer la nécessaire collaboration entre l’école, la famille et les rééducateurs.

Pour bien comprendre les différents niveaux, sachons que l’on se situe dans un dysfonctionnement cérébral développemental.
Celui-ci engendre des troubles cognitifs spécifiques tels que :
la dysphasie, la dyspraxie, les troubles exécutifs (organisation de l’action, concentration, attention), les troubles mnésiques (altération de la mémoire de travail) qui peuvent être la cause des troubles des apprentissages ou la conséquence de troubles cognitifs spécifiques.

Par exemple, une dyscalculie peut trouver sa cause dans une dyspraxie (Troubles cognitifs spécifiques), mais peut aussi provenir d’un trouble mnésique important ou d’un trouble exécutif.
D’où l’importance capitale d’effectuer un diagnostic différentiel auprès d’un rééducateur, en effet les adaptations scolaires et le projet thérapeutique du soignant ne seront pas les mêmes selon la cause.

Autre exemple, en CM1, un enfant “lit mal”, il trébuche sur des mots simples, saute des lignes et des mots. Il met peu de sens au texte lu dont il ne se souvient guère, d’ailleurs, tant il a souffert pour le “déchiffrer”.
Est-il pour autant dyslexique ou ses difficultés ont une autre origine ? Pour lui proposer une aide adaptée, tant en classe qu’en rééducation, il faudra établir quel est le trouble premier, est-ce un problème visio-spatial ? y-t-il également des indicateurs de dyspraxie ?
Ces troubles sont durables, ce n’est pas une maladie. Ils durent toute la vie, mais leur prise en charge et les adaptations à l’école permettent d’améliorer et/ou de compenser les fonctions déficientes. L’élève saura au fur et à mesure quelles sont les stratégies, les méthodes, les “manières” d’apprendre qui sont bonnes pour lui. Accompagné, renseigné sur ses points d’appui et ses forces, il fera face sans perte d’estime de soi à un parcours scolaire, plus compliqué, certes mais possible.

Différents troubles de l’apprentissage se manifestent chez des enfants qui ont une intelligence et un comportement social normaux et qui ne présentent pas de problèmes sensoriels (vue, ouïe). Ces enfants éprouvent des difficultés à apprendre à lire, à écrire, à orthographier, à s’exprimer ou encore à se concentrer. Les aires cérébrales impliquées, les manifestations et les prises en charge diffèrent selon les troubles. Cependant, l’association de plusieurs de ces troubles (deux ou plus) est fréquente chez un même enfant : cela suggère l’existence possible d’un mécanisme commun qui serait à l’origine de ces dysfonctionnements, vraisemblablement au cours du développement. Cette piste est actuellement explorée par les chercheurs.

Les troubles d’apprentissage peuvent aussi impliquer des déficits sur le plan organisationnel, social, de même qu’une difficulté à envisager le point de vue d’autrui. Les troubles d’apprentissage durent la vie entière. Toutefois, leurs manifestations varient tout au long de la vie et sont tributaires de l’interaction entre les exigences du milieu, les forces et les besoins de l’individu. Un rendement scolaire en deçà de celui anticipé, au même titre qu’un rendement obtenu au prix d’efforts et de soutien dépassant largement ceux normalement requis, sont des indices de troubles d’apprentissage.

Rappelons que s’autoriser à parler de DYS suppose à la fois [je cite le Dr Pouhet]

    • de montrer un retard dans les tests étalonnés s’adressant aux fonctions suspectes (de plus de 1,5 DS), ce qui correspond donc à une pathologie et place, de fait, l’enfant en situation d’inéquité par rapport aux pairs de même âge,
    • de prouver que l’intelligence générale (conceptuelle, raisonnementale…) est préservée en utilisant des tests appropriés ne sollicitant pas les fonctions cognitives suspectes,
    • qu’il n’y a pas d’autre cause avérée des difficultés scolaires de l’enfant. Si d’autres pathologies existent (pathologies sensorielles, neurologiques…) les difficultés observées sont sans commune mesure avec ce que l’on constate habituellement,
    • de distinguer les difficultés d’apprentissage (à l’école) et les causes cognitives (neuro-développementales) cette non distinction est source d’ambiguïté concernant l’âge de diagnostic.
      Une vidéo très claire pour illustrer ceci, par le Docteur Pouhet, et le texte qui formalise son intervention : CRITERESdeDYSConséquences

Les dyslexies, pour en savoir plus : dyslexies_dysorthographies

Les dyspraxies, pour mieux comprendre, La dyspraxie racontée par Thimothée, et ici

La dysgraphie, un guide complet à télécharger, merci à son auteure. LIVRET-DYSGRAPHIE-ET-COMPENSATION-V1

Les troubles neurovisuels, un résumé clair et utile. Doc info jnee dys 2015 – F.Maillet

Les dysphasies (N’utilisez pas la fonction “sous-titres”, la traduction est catastrophique, voire risible, si le sujet n’était pas si sérieux)

Les TDA/H, ici, une boîte à outils de nos amis belges.

Le Docteur Delion explique dans la première vidéo la différence entre troubles envahissants du développement (TED) et autisme.

Il explique dans la 2ème vidéo comment est fait le diagnostic de l’autisme.

UN LIVRET NUMERIQUE (téléchargeable) COMPLET AVEC DES DEFINITIONS ET DES PISTES POUR ACCOMPAGNER L’ENFANT A L’ECOLE ET A LA MAISON.

prog_consignes (document attaché au livret numérique ci-dessus)

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